"J'ai compté le nombre d'années. Il y en a peu, trop peu. Tant de ces choses qui ne devraient pas etre, pour moi.
Pour personne. C'est comme un sursis, un peu plus, toujours un peu plus de temps pour comprendre. Pour apprendre à comprendre, à y penser sans que ce soit trop difficile. Tant et tant de vérités véritables qui ne seront jamais acceptées. Si evidentes et à la fois inavouables. Je me souviens encore de toutes ces choses dont j'aurais à me souvenir. Rien n'est concret, c'est l'incompréhension. Ou simplement une compréhension si facile qu'elle ne peut etre reelle.
Alors elle attendait là, que quelqu'un vienne. Que le ciel s'ouvre pour laisser place à la transparence, à la clarté, l'évidence qu'elle connaissait déjà. Elle attendait comme elle l'avait toujours fait, elle ne savait quoi.
Elle regarda le jardin, sourit. Une fois encore, la vie s'arretait là."

